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	<title>Universite populaire de l&#039;Ile Maurice &#187; Philosophie</title>
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		<title>Peut-on faire du plaisir une philosophie ?</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 15:39:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La première conférence-débat de la semaine nationale de la philosophie a eu lieu le lundi 14 avril 2008 à la salle du Conseil de la mairie de Port-louis. Elle avait pour titre « Peut-on faire du plaisir une philosophie ? ». Nous avons d’abord présenté les multiples accusations et châtiments qu’ont subi les philosophes libertins [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La première conférence-débat de la semaine nationale de la philosophie a eu lieu le lundi 14 avril 2008 à la salle du Conseil <img class="size-medium wp-image-323 alignright" title="Pierre Gassendi" src="http://www.upim.info/wp-content/uploads/2009/10/PierreGassendi-244x300.jpg" alt="Pierre Gassendi" width="244" height="300" />de la mairie de Port-louis. Elle avait pour titre « Peut-on faire du plaisir une philosophie ? ». Nous avons d’abord présenté les multiples accusations et châtiments qu’ont subi les philosophes libertins au XVIIe siècle. Ensuite, nous avons présenté l’ecclésiaste et philosophe Pierre Gassendi (photo à droite), qui va tenter de « réhabiliter » Epicure (philosophe grec antique qui met le plaisir au centre de sa philosophie) comme un philosophe digne de ce nom. Pour terminer, nous irons plus loin que notre conférence et nous verrons comment il est possible (et souhaitable) pour une meilleure vie de faire du plaisir le moteur de l’existence. </em></strong></p>
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<h4><strong><span style="color: #ff6600;">I.- DÉNONCIATION ET CONDAMNATION DU LIBERTINAGE</span></strong></h4>
<p><strong> Il est difficile d’être libertin au 17ème siècle. Nous sommes à Toulouse, le 9 février 1619. Voici ce que l’on fit au philosophe libertin Jules César Vanini : « Avant de monter sur le bûcher, on lui ordonna de livrer sa langue au couteau ; il refusa ; il fallut employer des tenailles pour la lui tirer, et quand le fer du bourreau la saisit et la coupa, jamais on entendit un cri plus horrible. »   Il sera étranglé, son corps brûlé et ses cendres dispersées.<br />
Quelques années plus tard, le poète Théophile de Viau connaîtra un sort tout aussi terrible : avant qu&#8217;on ne parvienne à l&#8217;arrêter et à le jeter en prison ¬où il meurt le 25 septembre 1626, on l&#8217;exécute par contumace, on fait un autodafé de ses recueils de poèmes. Les mots injurieux et péjoratifs n’ont pas manqué au XVIIe siècle en France et en Europe pour les libertins : on les accusait à la fois d’hérétiques, de mécréants, d’athées, de blasphémateurs, de dissidents ou de libres penseurs.<br />
Et pour continuer dans les termes dévalorisants et insultants qui les montraient du doigt, on les accusait de débauchés, de matérialistes, de sodomites, de sceptiques, de démons, d’épicuriens, d’adeptes de la sorcellerie, de « voluptueux ». L’Eglise et les moralistes de tous bords n’étaient pas avares en qualificatifs insultants et en condamnations.<br />
L&#8217;un des représentants de cette haine des libertins, le père jésuite François Garasse écrit en 1622 : « J&#8217;appelle Libertins nos Yvrognets, moucherons de taverne, esprits insensibles à la piété, qui n&#8217;ont d&#8217;autre Dieu que leur ventre, qui sont enrôlés en cette maudite confrérie qui s&#8217;appelle la confrérie des bouteilles [...] C&#8217;est une gangrène irrémédiable, il faut couper, trancher, brusler de bonne heure, autrement l&#8217;affaire est désespérée. »<br />
Autre exemple de dénonciation, mais ici d’un point de vue philosophique : le moine Marin Mersenne, qui était mathématicien, théologien et philosophe, et qui fut le centre d’un réseau d’échange de l’Europe des savants, publie en 1624 l&#8217;Impiété des déistes, athées et libertins de ce temps : combattue et renversée de point en point par raisons tirées de la philosophie et de la théologie, et, l&#8217;année suivante, il publie la Vérité des sciences contre les Sceptiques ou Pyrrhoniens, ouvrage dans lequel le libertin est montré comme un « funeste oiseau de la nuit », est il est accusé de « ne pas supporter l&#8217;éclat de la vérité », et de limiter la connaissance « à la seule portée des sens », et le père Mersenne les accuse de ramener les hommes « à la condition la plus basse des bêtes les plus stupides » .<br />
Mais pourquoi tant de haines est-on amené à se demander ? Nous touchons ici au cœur du problème : le plaisir, lorsqu’il touche les sens, le corps, le ventre, la sexualité, et pour être plus général tout ce qui entre sous la catégorie philosophique de « matérialisme », a depuis toujours été dénoncé, condamné ou haï par les philosophies, les religions et les morales qui mettent l’esprit au-dessus de tout, l’âme comme réalité suprême et éternelle dans l’homme. Ces philosophies pensent que ce qu’il y a de plus haut chez l’homme, c’est la spiritualité ; philosophies que l’on classe ordinairement sous la catégorie d’ « idéalisme ».</strong></p>
<h4><strong><span style="color: #ff6600;">II.- GASSENDI (1592-1655)</span></strong></h4>
<p><strong> Pierre Gassend, dit Gassendi, est mathématicien, astronome, théologien et philosophie. Il est à la fois prêtre, professeur de théologie, professeur de philosophie à 23 ans et professeur de mathématique. Son cas est intéressant car il va essayer de concilier le christianisme avec l’épicurisme.<br />
Gassendi était aussi le contemporain de Galilée avec qui il correspondait sur la physique et l’astronomie, et avec qui il était d’accord pour dépasser les théories d’Aristote en reprenant la cosmologie de Copernic. Il se lie d’amitié avec l’un des plus grands philosophes anglais de ce 17e siècle : Thomas Hobbes. Il était aussi un de grands lecteurs et contradicteurs de Descartes sur la nature de la matière.<br />
Mais qu’est-ce qui fait de Gassendi un libertin, un penseur libertin ? Il disait justement qu’il ne fallait enfermer la liberté d’esprit dans aucune doctrine. Soumettre l’esprit libre à une doctrine (il pensait ici à l’aristotélisme), même si cette doctrine promettait le bonheur, pour Gassendi c’était l’enchaîner. Il concevait le bonheur dans le fait qu’il fallait laisser l’esprit libre, lui permettre de se mouvoir librement, même si parfois il se trompe, car il n’existe pas de vérité absolue.<br />
Deuxième élément qui semble le mettre du côté des libertins, c’est qu’il va s’intéresser de près à Epicure et en faire une apologie en écrivant Vie et Moeurs d&#8217;Epicure. Gassendi va se projeter dans le personnage d&#8217;Epicure et va s&#8217;identifier à lui. C&#8217;est un peu son propre portrait qu&#8217;il dessine à travers celui du philosophe antique. Il va publier plusieurs ouvrages dans lesquels il va s’essayer à réhabiliter la conception de la nature d’Epicure.<br />
En effet, les attaques dont Epicure a été l&#8217;objet de la part des philosophes antiques puis des penseurs chrétiens ont essentiellement porté sur ses moeurs (débauche, gourmandise, etc.) et ont ainsi masqué des siècles durant ce que fut véritablement la vie d&#8217;Epicure. Gassendi mène scrupuleusement une enquête érudite, sources et textes à l&#8217;appui, afin de rétablir la vérité d&#8217;une existence ; car à ses yeux, il faut absolument commencer par réhabiliter Epicure injustement calomnié quant à ses moeurs et réparer le scandale que constitue sa mauvaise réputation.</strong></p>
<h4><strong><span style="color: #ff6600;">III.- LE PLAISIR COMME PHILOSOPHIE</span></strong></h4>
<p><strong> Manger et boire sont essentiels pour vivre, et ils sont une des premières et constantes sources de plaisir. Mais peu de philosophies se sont réellement intéressées au plaisir que procure la satisfaction de ces besoins, et plus généralement aux autres plaisirs. Or, c’est sur ces plaisirs-là que doit partir une réflexion sur le plaisir, une philosophie du plaisir. Nous n’avons qu’une vie, et seule la vie existe. Pour reprendre Epicure, la mort n’est rien, car quand nous vivons, nous ne savons pas ce qu’est la mort, et lorsque nous sommes morts, par définition nous ne savons plus ce qu’est la vie. Donc l’existence doit être la seule préoccupation digne de ce nom, et il ne tient en grande partie qu’à nous de nous réaliser et de bien vivre durant notre existence. C’est à partir de cela que nous pourrons parler du plaisir comme philosophie de vie, car la philosophie doit nous apprendre, avant toute chose, à bien vivre.<br />
Nous cherchons tous des choses agréables (c’est un des sens du mot plaisir), et nous fuyons les choses désagréables, sauf si nous pensons qu’elles vont être source de plaisir ultérieure. Nombreux sont les philosophes qui, depuis l’Antiquité, (Leucippe, Démocrite, Epicure, Lucrèce, Aristippe, Diogène) en passant par l’époque moderne (Montaigne, Spinoza) et l’époque contemporaine (John Stuart Mill, Michel Onfray) ont défendu le plaisir ou en ont fait un principe de vie. Or, le plaisir est bien ce qui nous procure une sensation agréable, et nous sommes là dans l’ordre du sentir, du ressentir, de la sensation. Une philosophie du plaisir doit regarder plutôt du côté de la sensation, même si notre entendement joue un rôle majeur. Tout être humain connaît à un moment ou à un autre de sa vie la souffrance ; la philosophie doit servir à donner un sens à la souffrance et à pouvoir en sortir, ou du moins à l’atténuer si on ne peut l’éliminer. Qu’elle soit physique ou psychologique, la souffrance est ce à partir de quoi il faut partir pour envisager une philosophie du plaisir. Ignorer la souffrance, c’est ignorer le plaisir. Mais ignorer le plaisir, c’est se complaire dans la souffrance. Pour reprendre Spinoza : « philosopher, c’est apprendre à vivre ! » et nous pourrions rajouter que philosopher, c’est apprendre à mieux vivre, à bien vivre, à vivre agréablement.</strong></p>
<h4><strong><span style="color: #ff6600;">CONCLUSION</span></strong></h4>
<p><strong> Ce n’est plus l’interrogation « Peut-on faire du plaisir une philosophie ? » qu’il faut poser, mais plutôt l’affirmation suivante « Faisons du plaisir une philosophie ! », car les plaisirs de la vie sont les éléments indispensables qui vont contribuer à construire le plaisir de la vie, le plaisir d’une vie. Faisons nôtre cet injonction aux forts relents épicuriens d’Omar Khayyâm : « Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie ! »</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong><a href="http://www.upim.info/intervenants/joseph-cardella/" target="_blank">Joseph Cardella</a></strong></p>
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		<title>Philosopher, c&#039;est se préoccuper de l&#039;homme</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2009 18:29:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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Nous donnons une explication de trois phrases de différents philosophes qui mettent l’homme au cœur des préoccupations philosophiques. En effet les interrogations sur l’homme ont toujours habité la philosophie. Ces trois parties sont le texte de l’émission de la Journée mondiale de la Philosophie diffusée sur la MBC 3 le jeudi 20 novembre 2008 à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-78" title="Aristote" src="http://www.upim.info/wp-content/uploads/2009/09/New-Picture1-150x150.png" alt="Aristote" width="150" height="150" /></strong></p>
<p><strong>Nous donnons une explication de trois phrases de différents philosophes qui mettent l’homme au cœur des préoccupations philosophiques. En effet les interrogations sur l’homme ont toujours habité la philosophie. Ces trois parties sont le texte de l’émission de la Journée mondiale de la Philosophie diffusée sur la MBC 3 le jeudi 20 novembre 2008 à 19h par Joseph Cardella.</strong></p>
<h4><strong><span style="color: #993300;">1) « L’homme est la mesure de toutes choses ».</span></strong></h4>
<p><strong>Le philosophe Protagoras, qui vécut en Grèce au Vème siècle av. J.-C.,  nous dit qu’il n’y a pas de vérité au-dessus de nous. La vérité est toujours liée à un individu ou à un groupe. Par exemple, si je mets ma main dans de l’eau chaude et que je la retire parce que je trouve l’eau trop chaude, en réalité, ce n’est pas l’eau qui est chaude, comme on a l’habitude de dire, mais c’est moi qui trouve l’eau trop chaude. Autrement dit, l’eau est chaude pour moi. Pour une autre personne, l’eau ne sera sans doute pas chaude.<br />
Nous pouvons considérer cette conception de la vérité comme une des plus importantes de la pensée humaine. Il s’agit ici du relativisme ! Le relativisme est la conception qui dit que la vérité est ce qu’en font les hommes. C’est à partir des hommes et en fonction des hommes que les vérités se construisent.<br />
Est-ce qu’on pourrait dire alors à chacun sa vérité ? Y aurait-il autant de vérité que d’individus ? En fait, il y a des vérités individuelles et des vérités collectives. Pour reprendre l’exemple de tout à l’heure, ma vérité, c’est qu’à une certaine température l’eau va brûler ma main, alors que ça ne sera pas le cas pour quelqu’un d’autre. L’homme est donc la mesure de toutes choses, et c’est à partir de lui que la vérité aura du sens.</strong></p>
<h4><strong><span style="color: #993300;">2) « L’homme est un animal politique ».</span></strong></h4>
<p><strong>Cet autre philosophe grec qu’est Aristote, qui vécut au IVème siècle av. J.-C., affirme que ce qui caractérise l’homme, c’est qu’il vit en société. Les hommes en dehors de la société n’ont pas de vie possible. C’est ce que veut dire en grec ancien le mot « politiké », qui est l’adjectif qui renvoie à cet autre mot grec « Polis » P.O.L.I.S., qui veut dire la Cité (par exemple la cité d’Athènes). Pour Aristote, l’homme est un être qui vit dans la Cité, dans la ville, dans la société, dans la civilisation. Cela signifie que notre vie est totalement liée à la vie des autres. Nous sommes à la fois des individus à part entière et des êtres sociaux. Nous avons tous une histoire singulière, mais nous ne pouvons avoir une histoire qui nous est propre que parce que nous faisons partie d’un groupe, d’une société.<br />
Si nous comprenons cette phrase de la manière la plus large possible, cela veut dire que du plus petit village de la planète à la plus grande ville, les hommes vivent toujours en groupe, et que ces groupes ont des règles et des normes. On pourrait donc dire qu’être seul au monde est donc impossible ! Comme disait le chanteur Gilbert Bécaud : « la solitude, ça n’existe pas ! » Nous pouvons nous sentir seul, mais en réalité nous sommes toujours dans la société, nous faisons toujours corps avec la société.</strong></p>
<h4><strong><span style="color: #993300;">3) L’homme n’est pas un empire dans un empire.</span></strong></h4>
<p><strong>Spinoza, philosophe hollandais qui vécut au 17ème siècle, est un de ceux qui ont remis l’homme à sa place. En effet, nombre de religions et de philosophies ont mis l’homme au centre du monde. L’homme a une place privilégiée dans le monde. Mieux encore : pour certains, il a la meilleure place parmi les êtres vivants. Beaucoup d’hommes se sont considérés comme ne faisant pas tout à fait partie de la nature. Or, lorsque Spinoza dit que l’homme n’est pas un empire dans un empire, il veut signifier que l’homme n’est pas une exception dans la nature. En effet, tout dans la nature est déterminé. Tous les phénomènes dans la nature ont des causes, et ces causes sont naturelles. Et l’homme, faisant partie de la nature, obéit aussi aux lois naturelles.<br />
Spinoza fait l’analyse suivante : nous sommes nombreux à penser que les hommes ont un pouvoir spécial qui consiste à troubler l’ordre de la nature au lieu de suivre cet ordre. L’homme se croit libre. Et justement, cette liberté est ce pouvoir &laquo;&nbsp;quasi-magique&nbsp;&raquo; de se croire différent de la nature. Ainsi, les hommes se croyant libres se considèrent étant un empire, ici le libre-arbitre, dans un empire, c’est-à-dire la nature. Autrement dit, nous avons l’habitude de nous considérer comme des êtres exceptionnels.<br />
Continuant son analyse, Spinoza nous dit que lorsque nous éprouvons de la jalousie, de la haine, de l’amour, de la colère, tous ces sentiments sont causés par d’autres choses en nous. Il y a donc des causes à nos passions et à nos sentiments. Le fait de dire donc que nous obéissons tous aux mêmes lois naturelles et que c’est le principe de causalité qui gouverne le monde et qui nous gouverne, cela veut dire que nous ne sommes pas des êtres exceptionnels, mais que nous suivons les lois communes de la nature, comme tout ce qui existe.</strong></p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://www.upim.info/intervenants/joseph-cardella/" target="_blank"><strong>Joseph Cardella</strong></a></p>
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