Principes
OUVRIR LA CONNAISSANCE À TOUS, DÉMOCRATISER LA CULTURE ET DÉVELOPPER L’ESPRIT CRITIQUE
HISTORIQUE
On doit l’idée de l’Université populaire au Danois N.F.S. Grundvig (ou Grundtvig) (1783-1872), pasteur luthérien puis évêque. Les écoles libres et les collèges populaires de ce pays lui doivent beaucoup. En France, les Universités Populaires naissent dans le contexte de l’Affaire Dreyfus. Face aux idées antisémites, ces universités tentent d’apporter une réponse humaniste. C’est aussi à la classe ouvrière et à ceux qui ne bénéficient pas de l’école gratuite de Jules Ferry (les adultes) que l’Université populaire va s’adresser. Il existe plusieurs types d’Université populaire (payantes, diplômantes, formatrices, etc.) dans de très nombreux pays d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Sud.
C’est afin de redonner vie à cette idée d’université que le philosophe français Michel Onfray va créer l’Université populaire de Caen (en Normandie) en 2002. Cette seconde version vise ainsi des objectifs semblables aux universités populaires historiques, bien qu’actualisés : démocratiser la culture en dispensant gratuitement un savoir au plus grand nombre. L’Université Populaire de l’Île Maurice (UPIM) s’inspire de celle créée par Michel Onfray et fait partie du réseau des Universités Populaires.
ÉTAT DES LIEUX
Il existe à l’île Maurice une université publique et des universités privées proposant chacune un ensemble de disciplines qui ont pour but de former des étudiants et de leur délivrer des diplômes universitaires. Pour rentrer dans ces universités, il faut être diplômés et payés les frais d’inscription. Mais qu’en est-il pour celles et ceux qui voudraient avoir librement accès à la connaissance sans diplôme ni frais d’entrée ? Comment faire place à l’idée que le savoir n’est pas qu’une marchandise et qu’il peut exister des lieux où la connaissance, la réflexion, le sens critique et la nécessité des échanges et du débat peuvent coexister ? Il semble, en tous les cas, que ce genre de lieu permettant ce type d’activités fasse sérieusement défaut à Maurice.
LE PRINCIPE
L’Université Populaire se base sur l’université traditionnelle en proposant des disciplines universitaires ainsi qu’une certaine rigueur dans ses interventions. Les intervenants ont pour principal objectif de partager leur connaissance avec le public le plus large (c’est ce que veut dire ici « populaire ») et de viser une approche critique des savoirs. Partager des savoirs veut bien dire instaurer une forme de réciprocité entre l’intervenant et le public-participant, même si les configurations des conférences-débats tendent plutôt à privilégier le temps de parole de l’intervenant. Proposer des interventions gratuites et ouvertes à tous, sans conditions d’âge ni de diplôme, faisant appel à des enseignants, universitaires ou « amoureux du savoir », l’Université Populaire ne délivre, en contrepartie, ni diplôme ni certificat.
LE FONCTIONNEMENT
C’est sous forme de conférences-débats que les interventions ont lieu d’octobre 2009 à juin 2010. Les disciplines sont assez variées, allant des sciences à la philosophie, en passant par les sciences humaines et sociales. Une conférence-débat dure deux heures : la première heure laisse place à l’exposé structuré de l’intervenant en rapport à sa discipline ; la deuxième heure est consacrée aux questions et aux réactions du public-participant. L’intervenant, peut, s’il le désire, aménagé sa séance comme il l’entend (public intervenant à tout moment, atelier de travail ou de création, etc.).
LES PERSPECTIVES
L’Université Populaire est une action citoyenne collective. Elle donne accès au savoir à un large public et elle se veut susciter la réflexion par le biais des conférences-débats. Tous les intervenants partagent la même idée de l’accès libre au savoir et de la démocratisation de la culture. En effet, le savoir n’appartient à aucune classe ni aucune caste. Cette action est aussi politique, au sens grec ancien du terme (polis, « vie de la Cité »), dans la mesure où elle se veut un lieu où le débat, l’échange, la réflexion et le sens critique sont mis au centre des interventions. Favoriser non seulement une culture du débat à Maurice, mais aussi et surtout proposer des regards multiples sur les préoccupations et les grandes questions contemporaines de la société mauricienne et du monde : telles sont les principales motivations des intervenants de l’UPIM.
L’INITIATEUR
C’est à la suite de l’expérience des cafés-philo (lieu ouvert à tous où l’on traite d’un thème et où tous les participants qui le désirent interviennent) que l’idée de l’Université populaire a germé à son initiateur Joseph Cardella. Ce lieu de débat et de réflexion qu’est le café-philo a montré l’intérêt que portait le public pour ce genre d’activité collective. Néanmoins, il manque au café-philo le volet très important de la connaissance. Fort de la collaboration de Laurent Dubourg, Dhanjay Jhurry et Véronique Garrioch, l’Université Populaire de l’Île Maurice a ouvert ses portes le 15 octobre 2007… et entame donc sa 3ème année.
